Qu’est-ce que la résilience ?
Nous avons tous un moment dans la vie où tout vacille.
Peut-être suite à un diagnostic difficile. Ou à une rupture. Une perte. Ou encore un échec…
Ou parfois, c’est simplement une sensation diffuse que quelque chose ne va plus. Que ce qui fonctionnait avant ne paraît plus juste aujourd’hui.
Et dans ces moments-là, on se pose souvent la question :
Comment vais-je faire pour tenir ?
Si vous traversez un de ces jours où tout semble lourd, vous n’êtes pas seul. J’en parle ici : Il y a des jours. Et puis il y a ce matin.
C’est précisément là que notre résilience, notre force mentale, entre en jeu.
Mais qu’est-ce que ça veut dire au fond ?
La résilience, c’est cette capacité à traverser les épreuves, à dépasser ce qui nous met à terre… sans jamais perdre la foi en nous.
Ce n’est pas une armure. Et ce n’est pas un cadeau du ciel dont seuls quelques initiés profitent.
C’est quelque chose que nous avons tous en nous, plus ou moins enfoui.
Et qui se réveille souvent quand on en a le plus besoin…
La résilience ne veut pas dire être fort
On croit souvent que la résilience est synonyme de solidité.
Ne pas craquer.
Avancer quoi qu’il arrive.
Mais je ne crois pas que ce soit ça.
La résilience, ce n’est pas ne pas tomber. En vérité, c’est avant tout continuer, même quand on est à terre.
On peut pleurer, mais ensuite, on se relève. On peut douter, mais avancer malgré tout. On peut ne pas comprendre, mais continuer à marcher.
La résilience, ce n’est pas une question de performance. C’est avant tout une expérience humaine.
Quand je décide de me concentrer sur ma respiration dans une salle de chimiothérapie au lieu de me laisser aller à la panique, c’est de la résilience.
Quand je choisis d’écouter cette voix qui me dit de poser ma joue contre un arbre pour laisser la peur qui m’envahit s’évaporer avec le vent, c’est aussi de la résilience.
Pourquoi certaines personnes s’effondrent… et d’autres se relèvent
Face à une épreuve, nous ne réagissons pas tous de la même manière.
Nous avons tous nos bagages, nos histoires, nos émotions.
Certaines personnes semblent tenir. Mais d’autres s’effondrent complètement.
Et pourtant, ce n’est pas une question de force, il me semble.
Ce n’est pas l’épreuve en elle-même qui nous brise. C’est en général plutôt la manière dont nous décidons de nous présenter face à elle.
Et c’est avant tout le sens que nous décidons de donner à cette épreuve.
Et parfois, ce qui nous retient, c’est un rôle qu’on s’est assigné sans s’en rendre compte. J’explore ça en détail ici : Blocage psychologique : comment dépasser le statut de victime pour s’en sortir.
Quand tout semble absurde, injuste, incompréhensible, c’est difficile d’avancer avec confiance.
Mais une autre façon de percevoir l’épreuve est toujours possible… Et si on prend la peine de reconsidérer ce qui nous arrive avec curiosité et confiance, alors quelque chose se passe.
Car quand on lutte en permanence contre la réalité, on s’épuise.
Mais si on commence d’abord par accepter :
« D’accord… voilà où j’en suis »
quelque chose s’apaise.
Et je crois que c’est peut-être ici que la résilience commence.
J’ai eu ce moment à l’annonce du cancer où ma vie entière a basculé dans la terreur de l’inconnu. Puis j’ai accepté que la maladie était là.
Mais pas seulement.
Elle était là pour me réveiller, pour me faire renaitre.
L’Univers me proposait peut-être de nouvelles possibilités d’évoluer sous la forme d’une maladie.
Alors j’ai accepté le défi.
Jamais je n’ai ressenti une force intérieure aussi puissante qu’à cet instant-là.
Elle ne m’a plus jamais quittée.
Ce que la résilience n’est pas
Il y a un certain nombre d’idées reçues autour du concept de résilience.
Ce n’est pas être tout le temps positif. Ni aller vite tout le temps. Et ce n’est pas faire comme si tout allait bien non plus.
La résilience ne supprime pas la douleur. Mais elle aide à l’apprivoiser.
L’épreuve ne disparaît pas comme par enchantement. Pourtant, se montrer résilient transforme notre manière de traverser les obstacles.
Pendant de longues années, j’ai cru que se montrer résilient, c’était faire face à tout, sans jamais tomber. Mais rien n’est plus faux.
Longtemps, j’ai cru que j’étais résiliente parce que je menais tout, tout le temps, sur tous les fronts. Mais avec le recul, cela n’a pas grand-chose à voir…
Le processus vers la résilience
J’ai déjà entendu parler d’étapes dans le processus de résilience.
Mais en vrai, ce n’est pas un processus en ligne droite.
Car on devient plus résilient à la suite d’un choc la plupart du temps. On ressent une résistance.
Ou une fatigue profonde. Parfois, ça peut prendre la forme d’un découragement. Puis on glisse lentement vers une sorte d’acceptation. Et c’est seulement ensuite qu’il y a, souvent même sans s’en rendre compte, une transformation.
Parfois on avance. Ou on stagne. Et parfois on fait quelques pas en arrière.
On croit parfois que ça va mieux alors que ce n’est pas le cas.
Mais quelque chose évolue malgré tout, même si on ne le voit pas immédiatement.
Et c’est souvent là que la résilience commence.
Si vous voulez comprendre comment la maladie peut devenir un chemin : Cancer et résilience : comment la maladie m’a donné les clés pour avancer.
Je l’ai moi-même vécue de manière spectaculaire, ce processus. D’abord le choc initial, très brutal, de la maladie agressive. Puis quelques jours à encaisser ce choc. L’acceptation de la situation.
Puis un long cheminement vers la guérison, qui a aussi été celui de la découverte. D’une force intérieure insoupçonnée.
Et si puissante que toutes les peurs de mon ancienne vie appartiennent désormais à mon ancien moi.
Car je me sens plus forte que jamais.
Alors comment développer sa résilience ?
C’est un processus au long cours, qui nécessite plusieurs étapes.
Ce sont souvent de petites décisions qui nous mènent à elle. Même s’il y a un gros choc au départ.
Si vous cherchez par où commencer concrètement, je vous propose trois gestes simples à mettre en place pour débuter : 3 actions pour devenir plus résilient.
Pour renforcer notre résilience, pas de recette miracle. Mais des adaptations :
- Accepter de ne pas tout contrôler.
- Accepter de ne pas aller bien.
- Ralentir le rythme.
- Écouter ce qui se passe à l’intérieur en soi.
- Faire un pas, même très petit.
Parfois, développer sa résilience commence simplement par ça : cesser de lutter contre notre ressenti.
Ça peut permettre de créer un peu d’espace.
En arrêtant de fixer le sommet de la montagne. Et en faisant juste le pas suivant.
Et parfois, la seule chose que vous devez faire à l’instant T, c’est juste de tenir encore un peu.
Ce petit pas, je l’ai fait en acceptant de défier ma peur du cancer. Je savais que je devais passer au-dessus de cette peur pour guérir. Alors chaque soir, je fermais les yeux et j’allais rencontrer la maladie bien en face. Pour la comprendre. La consoler. Lui dire que j’avais compris le message et que je prendrais désormais soin de moi.
Chaque jour, je faisais ce petit pas. Toujours le même.
Puis un jour, je n’ai plus eu peur.
La résilience dans notre quotidien
La résilience est partout. Il suffit de regarder autour de soi.
On la voit dans une personne qui continue malgré la maladie. Dans quelqu’un qui se relève après un échec. Dans la maman au bord du burn-out qui tient pour ses enfants. Ou encore dans une victime de traumatisme qui décide de parler.
Toutes ces histoires sont différentes.
Mais elles racontent toutes la même chose : cette capacité à continuer, mais autrement.
Pourquoi les épreuves nous transforment
C’est aussi ce que j’explore dans cet article : Pourquoi vouloir une vie facile nous rend plus fragiles
On aimerait tous éviter les difficultés.
Et il n’y a rien de plus normal. Nous sommes humains.
Mais si on prend un peu de recul, il faut admettre que ce sont les moments les plus difficiles qui m’ont transformée le plus profondément.
Car ces moments-là nous forcent à revenir à l’essentiel. À nous regarder en face. Et à redéfinir ce qui compte vraiment.
Ces moments difficiles nous changent, forcément.
Peut-être pas toujours comme on aurait aimé.
Mais le changement est souvent bien plus profond.
Avant le cancer, j’avais peur de tout. J’étais une grande anxieuse.
Après le cancer, qui m’a forcée à me retrouver, j’ai appris à faire confiance à la vie. Cette maladie m’a façonnée et m’a donné la sérénité en cadeau.
Peut-être que la résilience, c’est simplement ça
Il ne s’agit pas de devenir forcément quelqu’un d’autre.
Mais plutôt de se retrouver soi.
Dans une version un peu plus lucide. Un peu plus solide aussi. Et surtout, un peu plus vivante !
Peut-être qu’il ne s’agit pas de se demander :
comment éviter les épreuves ?
Mais plutôt : que vais-je faire de ce que j’apprends en les traversant ? Maintenant que nous avons compris le concept de résilience, je vous propose de passer à l’action ici !
Quelques questions que l’on se pose souvent
Qu’est-ce que la résilience ?
La résilience, c’est la capacité à traverser une épreuve difficile et à continuer d’avancer, même si tout n’est pas forcément réglé.
Peut-on apprendre à devenir plus résilient ?
Oui, sans aucun doute. La résilience se construit avec le temps. On la développe en apprenant à mieux se connaître, à accueillir ses émotions et à avancer malgré nos incertitudes.
Quelles sont les qualités d’une personne résiliente ?
Une personne résiliente arrive plus facilement à s’adapter, à accepter ce qu’elle ressent, à chercher du sens et à continuer d’avancer, même quand elle est dans le flou.
Être résilient, ça veut dire ne plus souffrir ?
Non. La résilience n’enlève pas la douleur. Mais elle aide à vivre avec, sans être complètement submergé.
📖 À lire également :
Merci pour ce partage très personnel sur la résilience.
On pense souvent à la résilience dans la maladie ou les grosses épreuves, mais en réalité, on en a besoin aussi dans plein de moments du quotidien… dès qu’on entreprend quelque chose, il y a forcément des obstacles.
C’est un rappel important, et ça remet les choses en perspective.
Merci Aurélia. Oui, la résilience sert dans tous les aspects de l’existence humaine, plus particulièrement dans les épreuves peut-être, mais aussi quand on doit se montrer persévérant par exemple.
Dire que la résilience n’est pas être fort, ce n’est pas tout à fait vrai à mon sens. Être fort ne veut pas dire ne pas tomber, ça veut dire être capable de se relever justement. Être résilient, c’est trouver la force de se relever, de continuer malgré les épreuves. Mais cette force, on la trouve en soi… Ce n’est que mon avis 😉
Merci pour ton partage Dominique. Tu as raison. Quand je parlais de force, je voulais dire se montrer fort dans tout, comme un athlète. La vraie force en effet vient de l’intérieur, de notre vulnérabilité également.
merci pour cet article. C’est un mot qu’on utilise souvent à tout bout de champ et il est nécessaire de recadrer sa définition !
Merci pour ce retour, chère Manon.
Merci pour cet article qui nous permet de bien comprendre la résilience et son impact sur notre vies, notamment quand nous traversons une période difficile.
Merci pour ton commentaire Marina !