En ce moment, vous avez cette impression dérangeante que vous êtes vide à l’intérieur ? Que l’énergie ne circule plus ?
Vous ne ressentez ni tristesse, ni joie. Juste… du vide.
Un peu comme si vos émotions étaient parties en vacances.
Autrefois, certaines choses vous faisaient vibrer, vous faisaient vous sentir vivant. Mais maintenant, ces mêmes choses ne vous font plus grand-chose justement.
Vous n’avez plus d’envies. Et vous vous posez sans doute la question suivante :
« Qu’est-ce qui m’arrive ? »
À un moment, j’ai ressenti un énorme vide. Je n’étais ni heureuse ni malheureuse, et j’avais tout ce dont on peut rêver : des enfants en bonne santé, un mari aimant, une maison, un travail qui me laissait pas mal de temps libre, etc.
Et pourtant, à l’intérieur, la joie était partie voir ailleurs. Ça m’a pris du temps de comprendre ce qui m’arrivait. Ce n’était pas une dépression. C’était beaucoup plus subtile que ça.
Ce que j’ai compris depuis, c’est que ce vide, ce n’était pas un problème en soi. C’était simplement un signal.
Se sentir vide intérieurement : ce que votre corps veut vous dire
Si vous vous sentez vide à l’intérieur, vous pouvez d’abord croire que vous avez en quelque sorte « perdu » quelque chose.
Et si ce sentiment de vide était plutôt une réaction intelligente de votre système.
Une manière de vous dire : stop, c’est trop.
Par exemple trop d’émotions à gérer d’un coup. Ou trop de pression accumulée. Trop de choses à faire sur la to-do list…
Quand cela arrive, nous disposons d’une intelligence innée qui décide d’éteindre l’interrupteur. Non pas pour vous punir. Mais justement pour vous protéger.
En général, ce sentiment de vide intérieur vient d’une fatigue mentale chronique ou d’une surcharge émotionnelle qui dure longtemps.
Ou encore d’une épreuve difficile, comme la maladie, le deuil, la séparation, ou même un changement brutal.
Ou alors peut-être qu’il y a simplement un décalage profond entre ce que vous vivez et ce que vous ressentez vraiment.
Et c’est là que quelque chose lâche. Sans faire de bruit.
Pour moi, c’est ce sentiment de décalage profond entre ce que je vivais et ce dont mon âme avait besoin qui m’a procuré cette sensation de vide intérieur. J’avais vécu des choses extrêmement fortes pendant ma traversée du cancer.
J’avais aussi vécu un éveil spirituel avec des expériences extraordinaires. Mais une fois le marathon passé, une fois la maladie disparue, il y eu ce vide.
Je ne pouvais pas revenir à ma vie d’avant. Je n’étais plus du tout la même personne.
Il me fallait trouver de nouvelles façons de nourrir mon âme éveillée…
Pourquoi ce vide est si déstabilisant
Le vide en soi n’est pas la seule chose difficile à gérer. Ses conséquences sont tout aussi compliquées à vivre.
On a moins envie de faire les choses. On a moins d’élan pour avancer.
Et parfois, on perd à tel point ses repères qu’on ne sait plus du tout qui on est au fond.
Vous vous êtes peut-être déjà dit « Je ne suis plus moi-même ». Ou encore « Je n’avance plus ».
Et quand on se rend compte qu’on stagne depuis des mois, voire des années, c’est difficile à digérer.
Ce que vous vivez est assez courant, beaucoup de gens traversent ce genre de phase. Et surtout, dites-vous que ce n’est pas une fin. Voyez cette période comme un passage. Pas forcément agréable, certes. Mais qui peut être salutaire.
Le plus déstabilisant quand on est dans cet état, c’est qu’il est difficile de trouver un sens à tout ça. Je n’étais ni heureuse, ni malheureuse.
Mais alors à quoi bon ? Je n’ai jamais eu de pensées suicidaires.
Même dans mes moments les plus noires, j’ai toujours gardé espoir. Mais on se demande quand même à quoi tout ça peut bien servir.
Si on ne s’amuse pas, si on ne ressent plus, qu’est-ce qui peut bien valoir la peine de se lever chaque matin ?
5 choses concrètes à faire quand on ne ressent plus rien
1. Arrêtez de vous forcer à ressentir
On a tous ce réflexe quand on ne ressent plus les choses comme avant : on veut absolument retrouver des émotions, se « secouer ».
On se dit qu’il faut réagir.
Mais ça ne marche pas comme ça. Car en agissant ainsi, on rajoute de la pression là où le corps et l’esprit ont justement besoin de faire le vide.
Il suffit parfois de simplement constater sobrement : « Là, je ne ressens pas grand-chose. »
Pas besoin de juger. Pas besoin non plus de chercher à réparer. Il suffit à ce moment de constater que c’est comme ça.
C’est la première étape de tout ce que j’enseigne sur la résilience — accepter la réalité telle qu’elle est.
On ne se résigne pas, on arrête simplement de faire semblant.
Il m’est arrivé parfois d’avoir ce réflexe de me forcer du matin au soir à tenir. Je faisais tout ce que j’avais à faire machinalement. Le travail. Les enfants. Les tâches quotidiennes. Les sorties.
De l’extérieur, ça ne se voyait pas. Mais à l’intérieur, c’était comme un arbrisseau tout rabougri.
Mais à un moment, j’en ai eu assez. Il fallait que je me reconnecte à moi-même. Alors j’ai laissé tomber tous les « il faut que » et les tod-do lists.
Et j’ai pris le temps. Le temps de méditer. D’aller marcher. De dormir.
2. Revenez à quelque chose de simple et de concret
Si votre vie est comme un grand vide en ce moment, alors peut-être que vous pourriez tenter de vous reconnecter à vous-même ?
Prendre le temps de juste écouter votre respiration. D’aller marcher dans la nature. Ou de boire quelque chose de chaud en ne faisant strictement rien d’autre.
Allez vous asseoir dans un endroit qui vous apaise.
En d’autres termes, trouvez votre ancre. Pas besoin que ce soit spectaculaire.
Ce point d’ancrage doit simplement être le vôtre.
Dès le début du cancer, et ensuite pendant de longs mois, j’allais trouver de l’apaisement au milieu des arbres.
Même lorsqu’il pleuvait, j’allais m’assoir au milieu de la forêt et je méditais. Ou je fermais juste les yeux et j’écoutais les bruits de la nature.
Ce petit bois près de chez moi était devenu mon ancrage. J’adore y revenir. En partie grâce à lui, la maladie n’est pas un mauvais souvenir.
Les bons souvenirs comme les moments passés dans ce petit bois ont effacé les moments difficiles.
Parce que les émotions positives sont beaucoup plus puissantes que les émotions négatives.
3. Écoutez ce que ce vide essaie de vous dire
Ce vide que vous ressentez n’est pas vide du tout.
Il se traduit souvent par un besoin de repos profond. Un besoin de ralentir.
Ou alors un besoin de vous réaligner, de retrouver la trace de quelque chose d’essentiel pour vous, mais que vous aviez mis de côté.
Pour plus tard. Ou jamais.
Posez-vous honnêtement cette question : « Qu’est-ce qui est trop pour moi ? »
Inutile de chercher la réponse tout de suite. Il suffit souvent de poser la question pour ouvrir de nouvelles perspectives.
Je ressentais ce vide et je savais désormais pourquoi il était venu.
Je me brûlais les ailes depuis trop d’années. Il fallait que j’arrête cette pression.
Depuis cinq ans, je me disais que mon projet devait absolument réussir. Pour qu’on puisse payer les études de nos enfants. Mais ça me rendait la vie infernale.
Du coup, je n’avais plus du tout envie de travailler sur ce projet qui me tenait pourtant tellement à cœur au début.
Ce vide, c’était la vie qui me disait, stop, ça fait trop. Parfois, il faut du vide pour pouvoir repartir de manière plus alignée.
4. Faites un pas minuscule. Un tout petit pas
Ne prévoyez pas un grand changement. Pas besoin de prendre une décision qui va changer toute votre vie, là tout de suite.
Faites juste un pas. Ça peut être d’écrire quelques lignes. Ou d’appeler quelqu’un. Ou alors le grand luxe : ne rien faire du tout.
Car c’est là que votre corps et votre esprit se réparent.
Si vous avez cette sensation de grand vide à l’intérieur, prenez le temps de laisser les choses se remettre en mouvement de manière naturelle.
Ça peut aller très vite, comme prendre beaucoup de temps. Le temps nécessaire pour réparer. C’est ce que j’appelle avancer pas à pas, chacun a son propre rythme.
Le jour où j’ai décidé de relâcher complètement la pression concernant mon projet professionnel, j’ai décidé de me laisser deux mois de pause. Pour reconsidérer tout ça. Prendre le temps de me poser.
Et c’est là que quelque chose de complètement inattendu s’est produit. La première semaine, j’ai senti un énorme poids tomber de mes épaules.
Puis j’ai littéralement senti l’énergie se remettre à circuler partout à l’intérieur.
Au bout de 8 jours, sans m’en rendre compte, mon esprit, libéré de toute cette pression, avait de lui-même complètement redéfini mon projet.
Qui était désormais complètement en phase avec moi-même. Je suis repartie de plus bel. Mais en m’amusant comme une folle à nouveau.
La période de repose mental n’a pas besoin d’être très longue. Votre corps est le seul à savoir. Il vous préviendra quand il sera prêt et régénéré.
5. Acceptez que ça prenne le temps que ça prend
C’est ici que ça peut devenir difficile.
On voudrait que ça passe vite. On voudrait un interrupteur avec un gros bouton ‘ON’ sur lequel appuyer.
Mais ça ne marche pas comme ça. On ne peut pas réparer un état de vide.
On peut juste attendre qu’il fasse ce qu’il a à faire. À savoir, vous permettre de vous régénérer.
Et si vous vous accordez cette pause sans culpabiliser, vous sentirez peut-être quelque chose se transformer en arrière-plan.
Peu à peu, les émotions reviennent. Tout doucement.
Peut-être pas comme avant. Mais elles reviennent.
Pendant l’une de ces périodes de vide, je me suis mise à écrire à nouveau. Je ne l’avais pas fait depuis des années.
J’écrivais juste comme ça, pour partager ce que je vivais. Il n’y avait aucune arrière-pensée.
Et c’est peut-être ça qui a fait la différence. j’écrivais non pas parce qu’il le fallait. Mais parce que j’en avais envie.
Ce qui nourrissait mon âme. Et à partir de là, le mouvement est revenu. Petit à petit.
Plus je nourrissais mon âme avec ce dont il avait vraiment besoin, plus je sentais que ça bougeait en moi.
Et si ce vide était le début d’une transformation ?
On croit souvent que la transformation arrive après. Quand on se sent mieux. Ou quand on a trouvé les réponses.
Mais au fond, je crois que la transformation commence avec ce vide nécessaire. Quand on se demande pourquoi. Quand on ne ressent plus.
Considérons ce vide comme un espace.
Un espace qui va vous permettre de faire la transition entre ce que vous étiez et ce que vous êtes en train de devenir.
Pour mieux comprendre comment certaines épreuves peuvent nous transformer en profondeur, j’en parle dans cet article : Pourquoi certaines épreuves nous transforment profondément.
Quand j’ai ressenti ce vide, cette absence de joie, j’ai compris que le changement était déjà en cours.
C’était comme si l’Univers par ce vide me signifiait qu’il était temps de passer à autre chose, d’évoluer. Et de me recentrer sur ce qui me faisait vraiment vibrer.
J’ai un caractère très volontaire. Quand il faut faire les choses, je les fais. Cela ne me fait pas peur.
Mais les profils comme les miens, quoique très efficaces, oublient souvent de s’amuser. De faire les choses avec légèreté.
Je ne ressentais plus rien parce que j’avais oublié d’ajouter de la légèreté dans ma vie.
Il ‘était temps d’y revenir.
En bref
Si vous vous sentez vide en ce moment, vous n’avez pas besoin de chercher à le remplir là, maintenant.
Demandez-vous plutôt :
« Qu’est-ce qui, en moi, a besoin de repos (ou d’attention) maintenant ? »
Le silence peut apporter des transformations extraordinaires, tout en douceur.
Il n’y a pas besoin de faire vite.
Si vous laissez votre intelligence innée prendre le relais, vous verrez qu’elle fera tout le boulot de régénération à votre place.
On veut toujours tout faire. Vite et bien. Des to-do lists. Des trucs et des choses. Mais nous sommes nos plus grands ennemis.
Si on arrête de se mettre la pression sans culpabiliser, on fait un pas de géant.
Commencez par vous accorder une pause.
Donnez-vous une date. Jusqu’à cette date, vous n’entreprenez rien. Vous vous posez.
Croyez-moi sur parole. Votre esprit va vous surprendre.
Pendant cette période de « vide », il fait le plein.
Merci pour cet article qui redonne de l’espoir ! Pas facile d’avoir confiance en la vie quand on se sent si vide de l’intérieur. Mais tu nous montres une voie qui a l’air accessible, alors pourquoi pas tenter ?
Merci chère Laetitia !
Après 5 ans de vide assez vertigineux, je me reconnais vraiment dans ces mots.
Et puis, sans prévenir, un projet créatif est arrivé… et il a rempli cet espace, naturellement.
Comme quoi, le vide n’est peut-être pas si vide que cela, juste en train de faire de la place…
Alors je te souhaite beaucoup de bonheur et de réussite pour ton fameux projet !
Merci pour cet article, très juste et très humain.
Cette manière de présenter le vide comme une forme d’intelligence du corps change vraiment la perspective.
On passe d’une inquiétude (“qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?”) à une écoute plus fine de ce qui se passe en profondeur.
Je me demande d’ailleurs si ce type de phase n’est pas souvent un passage nécessaire… même s’il est inconfortable sur le moment.
Le vide n’est jamais agréable, car nous n’en avons pas l’habitude. Nous croyons que le vide est négatif, alors que c’est souvent une réponse nécessaire pour repartir sur la bonne voie.
Effectivement, le vide est parfois vertigineux et écouter son corps me semble une très bonne idée. j’aime aussi ce que tu écris sur le fait que ça prendra le temps que ça prendra ! Ca permet de lâcher prise et d’accepter que les choses sont telles qu’elles sont et surtout… que ça passera. Merci pour ton article.
Merci Raphaele. Oui, à chacun son rythme, même si c’est difficile à accepter parfois…
J’ai beaucoup aimé lire cet article qui m’a reconnecter à mon vécu. Un vrai travail de savoir se reconnecter et trouver en soi une ressource et une sérénité pour aller de l’avant. Pour ma part la forêt et ses arbres furent très utiles.
Merci 🙏
La nature et les arbres sont effectivement un excellent moyen de de transformer notre vide intérieur en sérénité et joie de vivre. Testé et approuvé 😉