C’est tout simple. Tout a commencé fin mai 2016. J’avais alors 36 ans et deux enfants en bas âge, 4 ans et 1 an.

Et on peut dire que j’étais au bout du rouleau. En burn-out complet et en mode survie 24 heures sur 24. Chaque jour, chaque nuit.

Tout le temps.

J’étais une grande angoissée de la vie, comme on dit. Je traînais des crises d’angoisse et des chutes de moral depuis des années.

Bizarrement, je voulais me mettre à la méditation depuis des années aussi. Sans jamais prendre le temps.

Comme quoi, notre petite voix intérieure sait toujours ce qui est bon pour nous.

Encore faut-il être prêt à l’écouter.

Moi, je ne l’étais pas du tout. Je courais partout comme un poulet sans tête. À accomplir une tâche après l’autre sans jamais me poser. Croyant que le monde allait s’écrouler si je n’étais pas sur les fronts partout et tout le temps.

Du coup, le monde s’est écroulé. Mais justement parce que j’étais sur tous les fronts, partout et tout le temps.

 

Quand tout a basculé

Le diagnostic est tombé comme une météorite en plein centre-ville. Cancer du sein, carcinome canalaire infiltrant de grade 3 pour être très précise.

Il y a eu un avant et un après l’annonce de ce diagnostic.

Avant, j’étais perdue depuis longtemps, quelque part entre des angoisses insensées et des courses contre la montre aberrantes.

Après, j’étais assommée. Sur le coup en tout cas. Pendant trois jours.

Oui, une fois le choc initial passé, il s’est produit quelque chose.

C’était comme si mon corps avait produit cette maladie pour me forcer à revenir sur les rails. Parce que j’avais complètement déraillé, soyons clair.

Avant ce cancer, je n’avais jamais vraiment réfléchi aux concepts de résilience ou de force intérieure. Je n’étais pas encore prête sans doute.

Mais là, je n’avais plus le choix. Je venais de me prendre un mur en béton en pleine poire, alors il fallait y aller.

Mon chemin vers la résilience a certainement commencé à ce moment-là.

Ne vous méprenez pas.

Ce cancer me terrifiait littéralement.

Pendant des semaines et des semaines, ma première pensée chaque matin était celle d’un cauchemar. Je me réveillais et je me répétais : tu as un cancer agressif.

Ce n’est pas terrible comme réveil, je vous le dis.

Mais il y avait quelque chose en moi qui venait de se réveiller.

C’était encore pas clair du tout, lointain. Mais c’était bien là. Cette petite voix intérieure que j’avais refusé d’écouter pendant toutes ces années.

Elle commençait à faire de plus en plus de bruit. Mais un bruit doux. Le genre qu’on ne peut qu’écouter. Parce qu’il vous aide à tenir.

Cette intuition, car c’était bien ça, me disait de l’écouter.

Au début, elle n’était pas très bruyante, alors je composais tant bien que mal avec mes angoisses.

 

Traverser l’épreuve

Les rendez-vous avec les oncologues, les infirmières, les chirurgiens, les gynécologues. Les prises de sang, les bilans sanguins, les protocoles proposés.

Puis la chimiothérapie. Protocole classique au départ, 3 séances de FEC, refus du Taxotère, remplacé par 9 séances de Taxol.

Des chutes de globules blancs vertigineuses, des reports de chimiothérapie obligés. Nausées à n’en plus finir. 10 kilos en moins.

Perte de cheveux, rasage seule dans la salle de bain pour terminer le travail. Choix de perruque.

Douleurs au foie terribles, l’impression que mon âme se traînait péniblement derrière mon corps endolori.

 

Des enfants en bas âge qui ne comprenaient pas bien. Mon entourage qui faisait ce qu’il pouvait.

Les pires moments de ma vie. Une véritable descente aux enfers.

Oui, mais…

 

Cette petite voix intérieure

Il y avait cette voix. Qui se faisait de plus en plus forte. Mon intuition prenait de la place au fur et à mesure que j’avançais dans ces protocoles chimiques.

L’univers avait commencé à se manifester, et j’étais enfin prête à l’entendre.

Une pensée me portait depuis le tout début : la promesse que je gagnerais. Peu importe les diagnostics, les résultats ou les pronostics.

Il était tout simplement hors de question d’abandonner mes enfants.

Cette option-là n’existait pas dans ma réalité.

Sans le savoir, j’avais actionné un levier extrêmement puissant : celui de la conviction profonde.

D’abord, j’ai tâtonné bien sûr. J’ai accepté certains protocoles, que je refuserais clairement aujourd’hui. J’ai suivi certains conseils, j’ai fait parfois à ma sauce. De plus en plus souvent. J’étais pleinement actrice de ma guérison, et j’ai exploré un grand nombre de voies :

 

Compléments alimentaires en tout genre, méditation, exercices de respiration, ostéopathie énergétique, magnétisme, acupuncture, kinésiologie…

Médecine bouddhiste, ayurvéda, médicaments indiens, injections de gui fermenté, fragments d’ARN de Beljanski, homéopathie…

Changement alimentaire, cure de Breuss, cure de Gerson, cure de jus de légumes, nettoyage du foie, lavements au café, crème Budwig, suppression complète de sucres, jeûnes avant et après la chimiothérapie…

 

Me reconnecter à moi-même

Et plus j’avançais dans mes explorations, plus un nouveau monde s’ouvrait à moi. Celui de la reconnexion à moi-même, à mon âme, à mon corps.

J’étais constamment éveillée, dans le sens pleinement là, pleinement présente. Dans tout ce que je vivais, en bien et en mal.

Et plus j’avançais, en tâtonnant, plus je me découvrais, en tant que personne et être à part entière.

Sans le chercher, ce chemin est devenu une découverte spirituelle.

Parce que j’étais enfin prête à l’accepter.

Au fur et à mesure que je découvrais toutes ces nouvelles choses, c’était comme si l’Univers me parlait désormais.

Comprenez moi bien. J’ai grandi dans une famille non croyante, je ne suis même pas baptisée. Je n’avais jamais eu aucune expérience spirituelle.

Mais là, c’est venu à moi. Et pourtant, j’ai les pieds bien sur terre…

 

Le moment où je n’ai plus eu peur

Vers la fin des protocoles, j’ai refusé de terminer. J’ai arrêté les chimiothérapies, j’ai refusé la radiothérapie. Je savais trop de choses désormais.

Et ce qu’on voulait me faire n’était pas mon chemin.

J’avais passé de longs mois à me découvrir, à assister avec émerveillement à la naissance d’une résilience et d’une force intérieure insoupçonnée.

J’en étais au stade où je n’avais plus peur du cancer.

Je m’étais entraînée pendant des semaines à rencontrer la maladie dans ma tête. Je m’imaginais explorer un temple perdu au milieu des montagnes, dans lequel la maladie prenait la forme d’une masse gélatineuse informe au milieu de bains de vapeur. Chaque jour, j’allais la rencontrer, et je l’apprivoisais. Je la comprenais de mieux en mieux.

Jusqu’au jour où j’ai refait cet exercice. La masse informe a littéralement fondu devant moi, et elle a disparu.

Dès ce jour, je n’ai plus eu peur. J’avais déjà gagné. Je le savais.

Quelque temps après, le chirurgien m’a annoncé qu’ils avaient fait la tumorectomie et qu’il n’y avait même aucune trace du cancer.

 

Ce que cette traversée a changé en moi

Cette expérience m’a ouvert les yeux. Elle m’a réconciliée avec moi-même, elle m’a remise sur le chemin qui m’est destiné au départ.

Elle a changé ma vision de la spiritualité, de l’univers et de la vie en général du tout au tout. Ni plus, ni moins.

Et surtout, j’ai découvert et apprivoisé mes ressources intérieures, je les ai développées et aujourd’hui, elles m’apportent une grande sérénité.

Je ne me sens plus jamais seule. Je sais que quoi que je fasse, je peux relever le défi. Et je sais que je ne suis jamais seule.

Cette pensée n’a pas de prix.

 

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