Voici le premier épisode des Histoires de résilience. Il s’agit d’une série qui regroupe des témoignages de gens comme vous et moi, qui ont vécu des épreuves difficiles et qui en sont ressortis plus résilients, plus forts.
Parce que la résilience se découvre en général là où on ne l’attend pas.
Suite, bien souvent, à des épisodes particulièrement difficiles de la vie ordinaire : deuils, agressions, burn-out, maladies graves…
J’avais envie, avec cette série, de mettre en lumière des gens ordinaires, des héros de tous les jours.
Parce que leur parcours bouleversant pourra peut-être, un jour, vous sauver vous aussi.
Aujourd’hui, j’ai donc le plaisir de vous présenter Nathalie, auto-entrepreneuse depuis quatorze ans et expatriée en Nouvelle-Calédonie pendant deux décennies.
Et pas mal habituée à tenir debout face aux aléas de la vie.
Elle a vécu un cancer du sein, un mari qui repart après trente ans de vie commune, un fils qui a percuté un rail de sécurité à moto…

Nathalie – Hypnothérapeute et Consultante en entreprise
Je crois qu’on peut dire que l’adage « Ce qui ne me tue pas me rend plus forte. » était son leitmotiv…
Mais en fin de compte, ce n’est pas un ouragan spectaculaire qui l’a mise par terre.
Mais plutôt un mal silencieux, assez insidieux.
D’abord une simple nuit sans sommeil.
Puis une autre.
Puis des semaines.
Puis des mois.
Puis tout bascule… en silence
Avant cette période, Nathalie vivait ce que pas mal d’entre nous pourraient lui envier.
Pas de trajet en métro bondé, pas de patron tyrannique, pas de réunions à rallonge.
Nathalie avait en quelque sorte façonnée son existence selon ses règles à elle.
Admettons-le, beaucoup d’entre nous en rêvons.
Le matin je me réveillais naturellement à 6 heures, car j’arrivais à programmer mon cerveau la veille. Je commençais par une séance de méditation, avant de me lever. Je prenais un bon petit déjeuner, je me préparais et ensuite, je m’installais derrière mon bureau.
— Nathalie.
Mais un jour… ou plutôt une nuit, quelque chose a commencé à se dérégler. Nathalie a cru qu’il s’agissait d’une insomnie banale, comme on en a tous à un moment ou à un autre.
Mais il existe aussi de ces troubles du sommeil qui s’installent et qui finissent par vous dévorer.
Pour Nathalie, c’était malheureusement la deuxième option.
J’ai dévalisé les rayons parapharmacie à la recherche du remède miracle à base de plantes, mais sans succès. Mon cerveau tournait H24, sans répit, sans possibilité pour mon inconscient de traiter les informations de la journée.
— Nathalie
Son cerveau tournait sans relâche. Mais quand on sait que la nuit, ce n’est pas seulement du repos, mais aussi le moment où le cerveau digère les informations de la journée…
Si ce processus est interrompu nuit après nuit, alors on imagine bien que l’être humain ne tient pas très longtemps en bonne santé quand il y a un trop-plein.
Petit à petit, Nathalie a eu toujours plus de mal à à faire ce qu’elle faisait avant sans soucis.
J’avais de plus en plus de mal à travailler, à me concentrer, écrire un pauvre e-mail était une réelle épreuve.
— Nathalie
Une perte de sens et d’émotions
Pour Nathalie, ce n’est pas vraiment un burn-out. Elle préfère parler de « perte de sens ». Et quand elle l’explique, on comprend un peu mieux ce qu’elle a traversé.
J’avais peur de tout et n’importe quoi, par exemple, aller faire mes courses au supermarché. J’étais totalement coupée de mes émotions, comme une coquille vide. Je ne savais plus ce que c’était de rire ou même de pleurer, je ne savais plus si j’éprouvais des sentiments pour mon conjoint.
— Nathalie
Je mettrais ma main à couper que ce ressenti parle à pas mal de gens.
Ressentir un tel vide en soi ne veut pas dire qu’on a mal. C’est peut-être pire que ça. Parce que l’absence de douleur ici, c’était aussi synonyme d’absence d’émotions. Difficile d’imaginer votre vie sans ressentir la joie ou la tristesse.
Une existence sans élan d’amour ou de colère…
Les émotions, positives ou négatives, font de nous ce que nous sommes en tant qu’êtres humains.
Alors si nos émotions s’effacent, qui sommes-nous ?
Les gens en dépression profonde le savent. Les médicaments, censés aider, peuvent aussi vous embrouiller encore plus l’esprit.
Je me sentais diminuée au niveau de mes capacités intellectuelles, je perdais ma dextérité à cause des médicaments qui me faisaient trembler à outrance. J’avais l’impression que mes neurones avaient fondu et que je n’étais plus capable de discernement.
— Nathalie
Quand l’esprit va mal, le corps finit souvent par transcrire ce mal-être.
Et c’est ce qui est arrivé à Nathalie. Elle est tombée à 44 kilos pour 1 m 60.
Difficile de s’aimer et de remonter la pente quand on n’arrive même plus à se reconnaître dans une glace.
Cette perte de sens m’a poussée à commettre l’impensable. J’ai tenté par deux fois de mettre fin à mes jours.
— Nathalie
Comme quoi, une femme à qui la vie semble sourire, magnifique et maîtresse de sa vie peut aussi sombrer, et se mettre à dériver comme une coquille vide.
Ressentir une fatigue qui dépasse l’entendement…
Si ça vous parle et que vous avez vécu ou que vous vivez une situation similaire, alors je vous invite à poursuivre votre lecture.
Parce que la suite de l’histoire de Nathalie peut vous inspirer.
Ce qui a sauvé Nathalie : des mains tendues, juste au bon moment
Nathalie pose un regard lucide sur toute son histoire.
Elle reconnaît que lorsqu’on tombe aussi bas qu’elle, les autres ne peuvent pas traverser l’épreuve à votre place.
Mais ils peuvent être là.
Et parfois, simplement se montrer présent quand une personne traverse tout ça, ça peut littéralement sauver une vie.
Mon compagnon est resté près de moi. C’est lui qui m’a sauvé les deux fois lorsque j’ai avalé les médicaments pour en finir.
— Nathalie
Finalement, c’est sa fille qui a pris la décision que Nathalie n’était plus capable de prendre toute seule : la faire quitter la Nouvelle-Calédonie.
Elle l’a ramenée dans sa région natale, chez ses parents.
Après vingt ans d’expatriation.
Pour Nathalie, ça a été comme un retour aux sources.
Et c’est là que qu’une lueur a commencé à se rallumer.
Un tout petit mouvement certes, mais l’arbre majestueux commence toujours par une simple graine, lui aussi.
De retour en France, j’ai ressenti qu’il fallait que j’arrête tous mes traitements. J’ai tout arrêté d’un coup. En un mois et demi, je m’en suis sortie, peut-être parce que je me suis soudain sentie en sécurité, avec une certaine stabilité, loin des tumultes des derniers mois.
— Nathalie
Mais cette descente aux enfers était plus forte que tout le reste.
Retour de boomerang
Nathalie avait traversé un cancer, un divorce après trente ans, un accident de moto de son fils… et elle était restée debout à chaque fois.
On peut être forte en toutes circonstances, certes. Mais personne ne peut tenir tout le temps à 100%.
Et Nathalie l’avoue avec beaucoup d’humilité.
Je me suis pris un retour de boomerang car je me suis surestimée. Forte, mais pas incassable.
— Nathalie
Forte, mais pas incassable. Nous sommes très nombreux, et moi la première, à croire que nous pouvons tout encaisser.
Mais on a beau être résistant face aux épreuves de la vie, ça ne veut pas dire qu’on est invulnérable.
Acquérir une certaine résilience ne veut pas dire qu’on la gagne une bonne fois pour toutes.
Ça se nourrit, et surtout, c’est une ressource qu’il faut régénérer, comme toute ressource.
Parce que si vous ne prenez pas des moments pour la laisser se rétablir, elle s’épuise.
J’avais déjà vécu des périodes compliquées. Et malgré tout, je restais debout, mes phrases de référence étant « ce qui ne me tue pas, me rend plus forte » ou « il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions ». Sauf que là, j’étais perdue dans les méandres.
— Nathalie
De ces épreuves qui transforment
Aujourd’hui, Nathalie est passée de l’autre côté du miroir. Elle a touché le fond et elle a réussit à remonter à la surface.
Elle sait désormais ce que ça veut dire d’être littéralement au fond du trou.
J’ai découvert qu’il faut que je me ménage davantage, que je pense à moi avant de vouloir me mettre dans la posture du sauveur.
— Nathalie
Une petite anecdote qui prend tout son sens ici.
Le compagnon de Nathalie, celui-là même qui l’a sauvée deux fois, s’appelle Lavie.
Et le nom de Nathalie est Tual…
J’ai dit à mon compagnon qu’il m’avait offert le plus beau jour du reste de ma vie. En même temps, c’était écrit — son nom de famille est Lavie, et lorsqu’on s’est rencontré, il m’a dit que nos deux noms jumelés formaient « Tu as la vie ».
— Nathalie
Sacrée coïncidence, non ? Ou alors un signe de l’Univers. Je suis persuadée que l’Univers a beaucoup d’humour 😉
Pour Nathalie, la résilience, c’est…
J’aime bien poser cette question aux gens que j’interviewe :
Que signifie pour vous ce mot : résilience ? Pour Nathalie, c’est ceci :
C’est un cadeau de la vie, un état d’être qui permet de montrer l’exemple, d’enseigner aux autres que tout est possible. Une fois l’épreuve passée, elle devient une expérience. Et une fois les peurs vaincues, le chemin des possibles s’ouvre à vous.
— Nathalie
Et qu’est-ce que Nathalie aimerait vous dire; à toutes celles et ceux qui traversent une période similaire à la sienne ?
Ce n’est pas une période facile, et malgré les mains tendues, la seule personne qui puisse décider de s’en sortir, c’est nous-même. C’est ce déclic qui permet de sortir la tête de l’eau, d’appréhender la vie différemment.
— Nathalie
Alors sachez que, peu importe ce qui vous est arrivé, cette épreuve-là ne vous définit pas. Par contre, ce que vous en faites, si.
Et parfois, on vit des transformations profondes non pas malgré l’épreuve, mais par elle.
Merci à Nathalie d’avoir eu le courage de partager son témoignage touchant et sincère. Pour la retrouver sur Facebook, rendez-vous sur ses pages B-Live in U
et Harmonisens. Pour Instagram, c’est ici !
Mélanie,
Merci du fond du cœur pour ce magnifique article, tu as su exactement retranscrire mes émotions et apposer les bons mots sur mes maux. A la lecture de ce magnifique article, j’ai les larmes qui ne cessent de couler. Je te souhaite de tout cœur d’exploser les scores de tes audiences.
Au plaisir de te croiser un jour prochain.
Bien à toi.
Nathalie
Chère Nathalie, je suis très heureuse d’avoir réussi à retranscrire ce que tu as vécu. Merci à toi d’avoir eu ce courage de témoigner !
Ce témoignage est profondément touchant, justement parce qu’il vient déconstruire une idée très répandue : celle qu’être fort signifie pouvoir tout encaisser, tout le temps.
Nathalie met des mots très justes sur ce que beaucoup vivent en silence : cette fatigue invisible, cette perte de sens, ce vide émotionnel qui peut être encore plus déroutant que la douleur.
Ce qui me marque particulièrement, c’est cette phrase : « forte, mais pas incassable ». Elle devrait presque devenir un rappel collectif. La résilience n’est pas une armure permanente, c’est un mouvement vivant, qui demande du repos, du soutien et parfois un retour aux sources pour se reconstruire.